Borloo, le béni oui-oui de Sarkozy

Publié le par le desobeissant

Pour le ministre de l’Ecologie, tout va au mieux dans le meilleur des mondes. Sur Europe 1, notre homme a joué au sarkozyste primaire. A croire qu'il avait lu Marianne. La manif contre les retraites ? Un «dialogue social». Sarkozy? il a sauvé l'Europe de la crise. Borloo? Il veut piquer la place de Fillon!

Borloo : 2012, Sarkozy "évidemment"

C’est un Jean-Louis Borloo de « très bonne humeur » que recevait ce matin Jean-Pierre Elkabbach. De si « bonne humeur » que le ministre d’Etat à l’Ecologie ne cherchait même pas à nier avoir participé récemment à un dîner des prétendants à Matignon en compagnie de Michèle Alliot-Marie et de leurs conjoints respectifs. Et cette  « bonne humeur », Borloo la voudrait contagieuse, qu’elle franchisse la Manche et gagne la rédaction de The Economist. L’hebdomadaire consacre en effet sa « une » à Nicolas Sarkozy, ce président qui « rétrécit », ce président qui ne serait, aujourd’hui, sur les retraites notamment, plus que « l’ombre du réformateur » qu’il avait pourtant promis d’être et que The Economist avait tant aimé.

924411-1095072[1]Borloo, lui, le voit encore avec les yeux de l’amour ce cher président. Et il aimerait que cet amour-là, aussi, soit contagieux. Il l’a été par le passé, tente-t-il, de rappeler : « J’observe simplement, pour nos amis britanniques, qu’au moment de la crise, s’il n’y avait pas eu “Sarko”, président de l’Europe, à ce moment précis, au moment où plus aucune banque ne prêtait à plus aucune banque occidentale, ce moment où l’on était à deux doigts du désastre, si l’on n’avait pas eu le président européen, au fond quelqu’un de dimension mondiale… Nos amis britanniques ne s’y sont pas trompés à l’époque » !

D’ailleurs, ce qui surprendrait nos voisins britanniques, ce serait en fait la très grande place laissée au dialogue social dans notre pays sur la réforme des retraites. Un dialogue qui aurait été très riche, selon lui, malgré un petit lapsus qui en dit long : « Ça a beaucoup bougé. J’ai vraiment l’impression que les 4 ou 5 mois ont perdu… ont permis des avancées, notamment dans le domaine social pour les plus fragiles » Et d’expliquer qu’avec « cinquante réunions d’Eric Woerth et de son cabinet avec les syndicats, on ne peut pas dire que les syndicats ne discutent pas avec Eric Woerth ». Comme le démontre un article d’Owni.fr, les syndicats n’ont en fait pas eu très souvent l’opportunité d’en débattre directement avec le ministre du Travail… Tout comme l’émission « A vous de juger » sur les retraites, diffusée hier soir sur France 2, démontre que le dialogue social ne fonctionne pas vraiment à plein dans notre pays, aucun des intervenants n’ayant pu et/ou voulu débattre avec l’autre camp. Mais Borloo est un homme de trop « bonne humeur » pour s’arrêter à ce genre de détail. Lui qui multiplie les Grenelle comme d’autres multiplient les petits pains n’a retenu qu’une chose de cette émission : « J’ai été surtout surpris du changement de coiffure d’Arlette Chabot. Je l'ai trouvée très à son aise » ! Bref, Borloo, c’est un peu Oui-Oui qui se promènerait au pays de ceux qui scandent Non-Non à la réforme des retraites, mais ne sont toujours pas entendus.

Ou plutôt un béni oui-oui, qui évidemment répond par l’affirmative lorsqu’il est interrogé sur l’opportunité ou pas pour Nicolas Sarkozy de se représenter en 2012 : « Est-ce qu’il peut, est-ce qu’il doit, est-ce qu’un certain nombre de gens souhaitent [qu’il brigue un second mandat] ? Absolument et évidemment. (…) On a besoin d’un président de niveau mondial ». Ce dont on aura surtout besoin, c'est d'organiser, un jour, un Grenelle du Borloo !

Source :Marianne2.fr

 

 

 

Publié dans Politique

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