Crise de la dette ? Non un monde à l’agonie ! 2ème partie

Publié le par le desobeissant

Dans la première partie, j'attirais l'attention du lecteur que l'origine des dettes publiques était à chercher du coté des masses gigantesques de capitaux ne trouvant plus à s'employer dans les conditions normales de l'exploitation capitaliste et que par des moyens artificiels, la classe capitaliste a chercher de nouveaux champs de '' profitabilité '' pour ces capitaux en mal de placement rentable.

2012-02-20-Le-poids-de-la-dette-S-94a55-1-.jpgComme décrit dans la première partie de ce billet, la crise actuelle se distingue des précédentes par le volume jamais atteint de la dette publique (90 000 milliards de dollars de dette mondiale), généralisée à l'ensemble des états, y compris les plus puissants. De plus, la dette publique mondiale, est concentrée entre les mains de détenteurs privés (fonds de pensions, banques, assurances, etc), lesquels imposent des taux d’intérêts exorbitants, créant donc une situation où le paiement des intérêts de la dette devient impossible pour la plupart des états concernés.

L'industrie du crédit et donc la croissance exponentielle de la dette qui en découle est devenue aujourd'hui l'un de ces principaux moyens artificiels.

Cela a abouti à un endettement des états au delà des limites supportables, contraignant les états à emprunter d'avantage pour simplement rembourser les intérêts des emprunts déjà réalisés. Ce système mafieux de la dette ''in-remboursable'' s'auto-alimente de manière exponentielle comme une boule de neige dévalant la montagne.

À titre d'exemple, en 2012 la Grèce doit rembourser 52 milliards d’euros dont 35 milliards d’obligations parvenues à échéance et 17 milliards d’intérêts soit le tiers !

Le nouveau prêt de 65 milliards d'euros suffit à peine au remboursement de la dette et des intérêts mais ce nouveau prêt présente l'avantage pour le capital financier de créer de nouvelles dettes et de nouveaux intérêts, qui viennent gonfler la dette initiale. Cerise sur le gâteau que se partagent les capitalistes financiers, au passage, ils font main basse sur les « bijoux de famille ». La Grèce, en effet, a été sommé par la Troika (BCE/UE/FMI) de lancer un programme de privatisations afin '' d'alléger le poids de sa dette ''. Les parts détenues par l'état dans les compagnies des eaux (Eydap-Eyath), pétrolière (Helpe), des Jeux (Opap), du groupe gazier (Depa) ont déjà commencé à être cédées à des groupes privés.

On ne le dira jamais assez, le système de la dette, est un système mafieux puissance 10 : un autre exemple, en 1995, la dette fédérale canadienne était de 543 milliards dollars en date du 31 mars 1995, or 487 milliards dollars canadiens (ou 90%) sont le résultat d'intérêts composés. En d'autres mots, les intérêts de la dette étaient dix fois supérieur à la dette elle même !

Mais aucun expert autoproclamé ne cite ce genre de chiffres et aucun de ces experts ne dira que la crise de la dette résulte de l'impossibilité grandissante pour les nations de rembourser le crédit, et ce principalement du fait de ses intérêts usuriers.

Le système de la dette s'est donc constitué en arme de destruction massive de la classe ouvrière, des peuples et des nations, et cela en plusieurs phases.

Avant de s'attaquer aux pays pauvres dans les années 70-80 et aujourd'hui aux puissances capitalistes même, le système de la dette à d'abord pris son essor aux USA même, dans le cadre de la politique d'armement à outrance pendant la guerre froide, ensuite pendant la guerre du Vietnam et s'est poursuivi par la guerre des étoiles, l'Irak, l'Afghanistan.

Pour s'en convaincre, ces chiffres sont éloquent : depuis 1977, le budget militaire cumulé des USA s'élève à 13 000 milliards de dollars, or la dette publique américaine est de 16 000 milliards de dollars et depuis 1999 les USA ont remboursé plus de 4000 milliards de dollars d’intérêts.

Le budget militaire de l'impérialisme américain et les intérêts de la dette atteignent 17 000 milliards de dollars tandis que la dette américaine ''n'est que'' de 16000 milliards de dollars. (Et il est évident que si on remontait avant 1977 pour le budget militaire et avant 1999 pour les intérêts de la dette, l'exemple américain serait davantage parlant).

La plus grande dette du monde, qui est celle du capitalisme dominant, est principalement le fait d'une économie parasitaire de financement de l'appareil militaro-industriel américain et du payement des intérêts de la dette ayant servi à ce financement.

Qui peut nier que le capitalisme financier à trouvé des nouveaux champs pour investir ses masses de capitaux en mal de rentabilité et quel pseudo-expert peut continuer à pérorer que les services publics et la protection sociale sont responsables de la dette.

En 1971 Nixon rompt le lien entre le dollar et l'or.

Le système de la dette prend son origine en août 1971, quand le président Nixon rompt le lien entre le dollar et l'or, ce qui va entraîner des déréglementations généralisées, d'abord sur le plan monétaire, puis financier, économique, politique et social.

Jusqu'alors, la monnaie reflétait à peu près le niveau de productivité et de richesse en circulation dans un pays donné car la monnaie était convertible en or, et la valeur de cette monnaie reflétait le temps socialement nécessaire à la production de cet équivalent or, et toutes les richesses produites pouvaient être converties de même.

Dans un premier temps, en 1944 lors des accords de Bretton Woods, les américains avaient réussi à substituer l'étalon-dollar à l'étalon-or, leur permettant de faire fonctionner la planche à billet sans autre contrainte que le maintient de la parité or-dollar, seul lien ténu avec l'économie réelle.

Les accords de Bretton Woods ont permis à l’impérialisme américain d’impulser l’économie américaine au moyen d’une économie permanente d’armement, d’un gigantesque parasitisme. Cette politique, ce parasitisme, a nourri le capital financier et a impulsé sa croissance, tant par les marchés qu’elle a ouverts aux firmes industrielles, que par les exigences de son financement. Ce système de financement étant arrivé à bout de souffle, l'impérialisme américain à réagit dans l'urgence en brisant la parité or-dollar, du fait du gigantesque écart entre le stock d'or américain et l'énorme quantité de dollars créés par le financement parasitaire de l'économie d'armement. À titre d'anecdote, l'un des conseillers de Nixon aurait déclaré : '' mais que feront nous la prochaine fois ? ''

Le maintient de la parité or-dollar, seul lien ténu avec l'économie réelle, sera donc rompu par Nixon en août 1971.

C'est à partir du 15 août 1971 que d'énormes quantités de capitaux fictifs créés dans la période précédente vont devoir trouver coûte que coûte des nouveaux champs de ''valorisation''.

Ce 15 août marque la fin d'une époque, une rupture dans le mode de fonctionnement de l'impérialisme américain.

Là se trouve l'origine de la dette grecque, française et pour tout dire, de la dette mondiale s'élevant à 90 000 milliards de dollars.

C'est à dater de 71 qu'est utilisée la dette comme arme de pillage qui frappe d'abord les pays dominés d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Des prêts massifs sont octroyés, aux pays dominés économiquement, sans aucun contrôle, permettant au passage de remplir les poches des bourgeoisies locales.

La dette du tiers monde a été multipliée par 5 entre 1971 et 1980, s'aggravant à partir de 80 du fait de l'augmentation des taux d'intérêts.

Première semonce, en 1982 le gouvernement mexicain décrète un moratoire sur la dette du fait de l'épuisement total de ses réserves en devises.

C'est donc à partir de ce moment que les impérialistes vont développer le rééchelonnement systématique de la dette, ayant comme conséquences -1 : d'augmenter le montant de la dette puisqu'ils accordaient de nouveaux prêts pour payer les intérêts des prêts précédents (ce qui se passe actuellement avec notamment la dette grecque), rendant la dette ''in-remboursable''. -2 : l'intervention du FMI imposant les politiques d'ajustement structurel permettant de privatiser les bijoux de famille.

(La situation grecque en particulier ou européenne en générale est bien la copie conforme des pratiques des années 80).

Entre 1980 et aujourd'hui, les pays dominés économiquement et politiquement ont remboursé 13 fois le montant total des prêts ( en remboursement des prêts et des intérêts ), ce qui a amené à des abandons partiels et des réductions de la dette des pays pauvres, ce qui est comparable au plan de sauvetage grec de 2011.

Mais il ne faudrait pas en déduire que le FMI et les capitalistes financiers fassent dans l'angélisme, il s'agit seulement de réduire la dette à un niveau que le FMI pense être soutenable pour ces pays, en éliminant la part de la dette qui, de toute façon, ne pourrait être payée. Même ainsi, pour obtenir une réduction de la dette, il faut se soumettre à un programme de réformes structurelles.

Mais pour les nations refusant de se soumettre aux réformes structurelles, il faudra payer jusqu'au dernier dollar, tout en se soumettant aux marchés financiers pour leur endettement.

Qui osera prétendre que cette dette, dont le capital financier s'acharne à exiger le payement est la dette des peuples ?

Quarante ans se sont écoulés depuis que le conseiller de Nixon a demandé : '' mais que feront nous la prochaine fois ? ''

Nous y sommes '' la prochaine fois ''.

À suivre....

Chapoutier

 

Source :Agoravox

 

 

Publié dans Economie

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