La disparition des abeilles nous condamne également

Publié le par le desobeissant

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L’effondrement des colonies d’abeilles menace, par ricochet, la chaîne alimentaire mondiale. Jusqu’à présent, la « crise » des abeille a été traitée comme un phénomène distinct, mais il pourrait désormais en être autrement. En effet, à l’heure où les denrées alimentaires affichent des records de prix, il serait urgent de savoir dans quelle mesure le sort des abeilles aurait des répercussions sur notre alimentation.

Près d’un tiers de la production agricole mondiale dépend de la pollinisation par les animaux, et en grande partie de celle des abeilles. Ces aliments nous procurent 35% de nos calories, de nombreux minéraux, des vitamines et des anti-oxydants. Alors que faire face au syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, plus connu sous le nom de Colony Collapse Disorder (CCD) ? Car les abeilles disparaissent à un rythme inquiétant sans que l’on sache exactement pourquoi (voir ici et ). Parasite, virus, pesticide ou autre, le mystère reste à élucider. A l’heure où la pénurie de céréales déclenche des émeutes au Moyen-Orient, il serait de bon ton de se pencher sur une citation d’Albert Einstein, qui disant en son temps que « si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ».

Pour la Rabobank, ce scénario apocalyptique est exagéré. Mais si le maïs, le blé et le riz sont pollinisés par le vent, la pollinisation par les animaux, et en premier lieu par les abeilles domestiques, est essentielle pour les noix, les melons et les fruits, et on négligeable chez les agrumes, les pommes, les oignons, le brocoli, les choux, les courgettes, les poivrons, les aubergines, les avocats, les concombres, les noix de coco, les tomates et les fèves, ainsi que le café et le cacao.

Le réservoir d’abeilles est en chute libre, jusqu’à atteindre la côte d’alerte, mais la Rabobank assure que cette diminution a commencé à se faire ressentir avant le Colony Collapse Disorder, virulent aux Etats-Unis, du fait de l’importation de miel d’Asie. Pourtant la situation n’est guère plus brillante de l’autre côté du Pacifique. La Chine, notamment, observe aussi une disparition de ses abeilles depuis les années 1980, notamment dans certaines parties de la province du Sichuan. Les chinois tentent ainsi, laborieusement, de faire appel à des procédés de pollinisation divers.

En Europe, l’Association des apiculteurs britanniques a appelé à une analyse urgente de certains pesticides pour « ne pas courir le risque de perdre toutes nos abeilles dans les dix prochaines années ». A cela, la Rabobank répond qu’il ne fait pas vilipender l’industrie agroalimentaire : « Il faut augmenter le rendement des cultures si nous voulons nourrir 70 millions de personnes supplémentaires chaque année ». Les scientifiques viendront-ils à la rescousse ? Se montrant consensuelle, la Rabobank appelle les apiculteurs à ne pas se battre seuls, notamment sur l’emploi des pesticides.

La raréfaction des abeilles est une menace plus imminente encore que le réchauffement climatique.

Il arrivait à Albert Einstein d’avoir raison.

Source :Agoravox

Publié dans Environnement

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