La famille Sarkozy : une petite histoire de l’immigration subie

Publié le par le desobeissant

Nicolas Paul Stéphane Sárközy de Nagybócsa n’est pas un français de souche. Avec le nom que je viens de mettre plusieurs minutes à écrire correctement vous vous en douterez. C’est le fils d’un immigré hongrois né le 28 janvier 1955 quelques années après une seconde guerre mondiale où son père - Pál István Ernő Sárközy de Nagy-Bócsa - s’était brillamment illustré- nous y reviendrons -.

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Aristocratie hongroise.

D’après la légende véhiculée,

Pál István Ernő Sárközy de Nagy-Bócsa, son père, est né le 12 octobre 1925 au sein d’une famille hongroise noble. Son très grand paternel avait été anobli le 10 septembre 1628 pour avoir fièrement combattu les troupes ottomanes - et musulmanes -. Les Nagy-Bosca s’étaient alors vu doté de quelques 705 acres - jusqu’à 3’000 au 18ème siècle -. Ils avaient aussi un petit château dans le village d’Alattyan à 92 km à l’est de Budapest. La famille était protestante alors même que la mère de Pal -Katalin Tóth de Csáford - (en hongrois -csáfordi Tóth Katalin) était d’une famille noble catholique. Tout porte à croire que la famille vécu tranquillement jusqu’à la seconde guerre mondiale où les Nagy-Bocsa font devoir plier bagage et trouver une France accueillante.

La petite et la grande histoire.  

La Hongrie était jusqu’en 46 un royaume, en théorie, mais un régent - Miklós Horthy - était alors à la tête de cet état. Miklós Horthy fut l’un des chefs des forces armées de l’Autriche-Hongrie puis devient régent de 1920 à 1944.

Horthy de Nagybánya, ancien amiral de la flotte austro-hongroise, est un nationaliste opposé aux communistes qui en 1919 ont fait régner "la terreur rouge" à Budapest. L’amiral va y opposer la terreur blanche qui va viser les communistes d’abord, quelques démocrates égarés puis enfin les juifs qu’il persécutera avant que les allemands le poussent à en faire plus. La Hongrie de Horty de NagyBabany promulgue les premières lois antisémites entre 1921 et 1931 quelques années plus tôt que l’Allemagne voisine.

Malgré tout, pour être honnête, la Hongrie sera "la moins satellisée" des puissances de l’axe allié des nazis et Horty freinera fortement à certains moments les agissements allemands contre les juifs s’opposant en particulier à la solution finale. 

Les juifs hongrois seront propulsés dans l’horreur surtout en 44 contre la Wehrmacht occupera complètement la Hongrie en y imposant un gouvernement fantoche tout en laissant Horty comme régent.

Horty va alors s’opposer à la déportation des juifs puis va essayer de dissoudre le gouvernement et lance des appels du pied à l’union soviétique. Les allemands répondent en kidnappant son fils...il cède et finira la guerre en Bavière prisonnier des allemands puis des américains en 45 pour finir par s’exiler au Portugal à Estoril où il mourut à 89 ans en 1957.

Voici pour "la grande histoire"...mais quelle est la petite histoire de la famille Sarkozy dans la Hongrie d’Horty ? 

La famille Sarkozy - une immigration illégale et économique ? -

En écoutant Papa Sarkozy nous avons le tableau [1] d’une famille riche avec domestique qui envoie Pal en Suisse pour se former. Le Monde (le journal) découvrira que l’histoire est beaucoup moins romanesque. Dans "Les Sarkozy, une famille française" on découvre que György, le père de Pal, n’était qu’un clerc de notaire devenu fonctionnaire municipal, puis effectivement vice-maire de Szolnok. 

Le château d’Alattyán, lui, a bien existé, mais il appartenait à un lointain cousin. Les enfants y allaient "le week-end et pendant les vacances", concède Pal aujourd’hui. En 1938, un scandale éclate à Szolnok. Sarkozy père est jugé pour détournement de fonds, il s’exile à Budapest et y devient gérant d’une entreprise de tricot.

Le petit est chez les Pères prémontrés à Gödölö, puis chez les jésuites. Pal Sarkozy ne parle pas beaucoup de la guerre. Un de ses frères est pourtant hussard dans ces années troubles et la famille semble avoir eu de la sympathie pour l’amiral Horthy.

Sympathie récompensée à l’arrivée de l’armée rouge et des communistes au pouvoir qui leur enlève illico non pas "leur château" et "leur terre" (nous venons de voir que le père de Sarkozy ne possédait en fait rien) mais le peu de bien possédé.

Notons bien qu’il ne s’agit pas d’une expropriation d’un grand domaine terrien - ce qui aurait été logique - mais seulement "d’une punition" infligée à un petit fonctionnaire.

Il est donc logique de penser que le père était actif au niveau politique à un petit niveau en faveur d’Horty et que le vent tournant il n’était pas assez impliqué pour être exécuté mais trop pour ne pas en subir des conséquences.

Bref "une petit main, escroc sur les bords" qui n’a que le choix de quitter - volontairement - son pays car "griller chez lui". La France collaborationiste a compté des centaines de milliers de ces petits commerçant qui sans trop s’engluer dans la collaboration essayaient de jouer sur tout les tableaux ; en faite essayaient simplement de vivre.

La preuve que rien n’était irréversible en Hongrie avec les communistes..C’est que la famille revient en Hongrie communiste.

En effet, ils s’installent bien en 1944 dans le sud de l’Autriche, mais György - le papa de Pal - se morfond et décide de rentrer au pays. "Il ne comprenait rien à la politique", explique Pal. Toute la famille passe de l’autre côté du rideau de fer ; le château d’Alattyán a été transformé en lotissements, et à Szolnok, György meurt un soir de 1948, à 51 ans. Pal envisage avec terreur de faire son service militaire chez les Russes. Il décide de repasser à l’Ouest, sa mère lui donne sa bénédiction, la chevalière paternelle et rendez-vous à Paris, dans un hôtel de l’avenue Pierre Ier-de-Serbie.

La seconde fuite n’est donc qu’économique.

Nous voyons donc bien que la famille Sarkozy fuit la Hongrie pour des raisons d’ordre "légales" dans un premier temps - papa jugé pour escroquerie - puis économique - papa veut mieux vivre -. A aucun moment il semble n’y avoir eu une quelconque pression politique ou une quelconque obligation.

Pal passe sans difficulté en Autriche, file en Allemagne au consulat français de Baden-Baden, qui lui refuse un visa, et échoue à Innsbruck, en Autriche. C’est là qu’il rencontre un recruteur de la Légion étrangère qui lui paie des coups et lui en promet d’autres : le jeune homme signe un engagement pour l’Indochine. "Parfois les mauvais choix sont les bons, philosophe Pal. S’engager pour l’Indochine à 20 ans, c’est le plus mauvais qu’on puisse faire, finalement je suis arrivé à Paris et l’un de mes fils est président de la République..."

 On l’envoie de Strasbourg à Marseille, il tombe heureusement lors de la visite médicale sur un compatriote hongrois qui demande au gamin : "Qu’est-ce que tu fous là ?" Pal lui raconte son histoire ; le lendemain il est déclaré inapte et on le jette dans un wagon à bestiaux pour Paris avec 1 kg de haricots et une baguette de pain.

A Paris, en décembre 1948, il fait un froid de gueux, Pal a faim, du journal autour des pieds faute de chaussures. Le jeune homme passe sa première nuit recroquevillé sur une bouche de métro, place de l’Etoile.

Il file le lendemain au centre des réfugiés qui lui délivre un passeport d’apatride, puis chez un grand-oncle maternel qui habite rue Ordener, dans le 18e arrondissement.

Au final nous avons quoi ? Un papa condamné pour escroquerie à Budapest en 1938, qui part de Hongrie en 44 mais revient un peu après, essaie désespérément d’immigrer pour gagner mieux sa vie et trouve un truc "la légion" pour se faire pistonner et réformer aussitôt. Comme ça, il ne risque pas sa vie mais cela lui permets d’arriver quand même en France. De là il se fait déclarer "apatride" - alors qu’il ne l’est absolument pas - pour obtenir les bons papiers pour rester en France.

Le père Sarkozy a été - contrairement à la légende officielle - responsable de sa déchéance en Hongrie où il aurait pu rester sans aucun problème - et a tout essayé pour immigrer en France. Il a même trompé les autorités par deux fois en se faisant pistonner à la légion puis en se faisant déclarer Apatride ensuite.

Nous avons donc le tableau évident de cette immigration "subie" contre laquelle Nicolas Sarkozy crache et recrache. Celle qui profite des trous dans la législation française - le père s’est déclaré apatride et a été réformé à la légion par simple piston - pour user de droits auxquels elle n’est pas, théoriquement, le droit. Nous avons l’accueil d’un présumé délinquant condamné dans son pays à qui on offre une nouvelle chance.  

Le père de Sarkozy rentrait pil poil dans le portrait de l’étranger dont Sarkozy fils ne veut plus.

Nicolas Sarkozy déteste-t-il autant l’image renvoyé par son père - entre lâcheté, petitesse d’âme et mythomanie - pour en faire payer chaque jour le prix à la France entière ?

 

[1] : http://pcflyon7.over-blog.com/artic...

 

Sources :Agoravox

 

 

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