Le ministère de l’Intérieur condamné une deuxième fois pour racisme ?

Publié le par le desobeissant

On voit mal au nom de quel argument le régime sarkozyste échapperait à une nouvelle sanction par la justice de la République de ce qui apparaît comme son institutionnalisation de la xénophobie d’Etat.

racisme dEtat1[1]

Après Brice Hortefeux, condamné par la justice pour « injure raciale » pour ses propos sur les Arabes, qu’il avait tenté, énorme foutage de gueule, de faire passer pour une plaisanterie concernant les… Auvergnats, c’est au tour de son directeur de cabinet, Michel Bart, de comparaître devant les tribunaux. En cause, la circulaire signée de sa main qui demandait aux préfets d’évacuer « 300 campements (…) d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ». L’audience se déroule aujourd’hui à 13h30, devant la 17ème mariann5[1]chambre du tribunal de grande instance de Paris, et Alex Lemarié a interviewé pour Le Post le président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), Patrick Lozès, dont l’association est à l’origine de la plainte avec une argumentation imparable : « Le Cran a porté plainte contre le directeur de cabinet de Brice Hortefeux pour souligner qu’il est inacceptable de stigmatiser des personnes pour ce qu’elles sont et non pas pour ce qu’elles font. À travers notre plainte, c’est le gouvernement et le président de la République que nous visons. Nous n’oublions pas que c’est Nicolas Sarkozy, dans son discours de Grenoble en juillet, qui a ouvert la séquence sécuritaire ayant suscité une indignation au niveau international. Michel Bart n’a pas signé cette circulaire seul. Elle est très claire, avec des objectifs très précis en ce qui concerne l’évacuation des camps de Roms. (…) quand le chef de l’Etat pointe du doigt une catégorie de la population, il ne faut pas s’étonner que derrière, Michel Bart signe une telle circulaire et qu’il y ait une banalisation de la parole raciste dans notre pays. (…) nous allons demander au tribunal s’il est acceptable de désigner une catégorie de population en fonction de son appartenance. Nous allons également souligner que la circulaire du directeur de cabinet de Brice Hortefeux peut amener un climat d’incitation à l’intolérance dans notre pays. » La réponse à la question posée au tribunal est déjà tranchée par la Constitution de la République en son article premier qui commence ainsi : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Il paraît donc impossible que le directeur de cabinet d’Hortefeux ne soit pas reconnu coupable par le tribunal. Lozès racisme dEtat[1]commente : « La condamnation de Michel Bart, après celle du ministre de l’Intérieur en première instance, ferait désordre sur le plan moral. Cela voudra dire que c’est un système qui est mis en place ». Nous le répétons pour notre part depuis la mise en place du régime sarkozyste en 2007, avec son ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et sa politique d’ « immigration choisie » – suivant l’origine géographique justement ! – et ses quotas d’expulsés comme autant de têtes de bétail. Cette indigne ultra-droite au pouvoir a institutionnalisé en France la xénophobie d’Etat. Ce ne devrait même plus se discuter. Mais davantage se combattre.



Olivier Bonnet

Source :Plume de presse

 

Publié dans France

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