Quand les médias nous mentent sur le Bankrun

Publié le par le desobeissant

tm_WBANKRUN-1-.jpgAlors, la "révolution Cantona" a fait un flop ?! Pas si sûr.

Premièrement, les débats et la réflexion engagés ne sont pas discutables. Même si, comme le font remarquer les créateurs du site Bankrun, les médias ont bien utilisé le mouvement. Voir notamment la réaction de Yann Sarfati et de Géraldine Feuillien à cette médiatisation de "néo-censure".

Ensuite, les médias nous annoncent une mobilisation ridicule.

Réfléchissons, comment savent-ils ou estiment-ils cela ?

Peut-être qu’ils font le compte de l’argent retiré sur la journée et le comparent par rapport à ce qu’il est sur d’autres journées ?

Peu probable, seules les banques savent les montants échangés.

Peut-être les journalistes ont-ils compté le nombre de personnes allant utiliser le distributeur dans plusieurs villes différentes, et plusieurs jours, pour comparer les transferts. Peu probable aussi.

Alors ils demandent directement aux banquiers si l’action a eu des effets. Imaginez vous bien une banque dire que le système qu’elle utilise est fragile et que donc, si les Bankrunners continuent, ils pourront effectivement faire écrouler le système ?

Regardez cet extrait de Le Temps, journal suisse de référence :

"Nous n’avons rien remarqué. C’est un non-événement", a indiqué à l’AFP la Fédération nationale du Crédit Agricole, qui représente l’ensemble des caisses régionales du groupe.

A Paris, Lille et Marseille, l’appel n’a pas été suivi, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A Marseille, ville natale d’Eric Cantona, les responsables de trois agences bancaires (LCL, BNP Paribas, Société Générale) du centre-ville n’ont relevé aucune activité inhabituelle.

A Paris, dans quatre agences du quartier de l’Opéra, les personnels interrogés n’ont pas non plus noté plus de retraits que d’habitude. Même son de cloche à Lille, où deux agences interrogées (Crédit Mutuel et Caisse d’Epargne) ont indiqué n’avoir reçu aucune demande de retrait de la part de leurs clients."

Tout cela n’est-il pas un peu gros ?

Peut-être qu’ils pensent que comme il n’y a pas eu de queues devant les guichets, le mouvement n’a pas été suivi. D’accord, imaginons qu’un million de personnes a participé au mouvement, il y a 50 000 distributeurs de billets en France. Cela reviendrait à 20 personnes qui agissent par guichet, tout cela étalé sur toute la journée. C’est évident que des queues ne peuvent pas se former. Pourtant, le mouvement aura été très suivi. Et vu la médiatisation du mouvement en Europe et le fait que le quart des gens répondent présent sur Facebook, on peut penser que le million, un trentième de la population française, est allé retirer de l’argent à la banque.

Donc, j’en conclus que les médias ne vérifient pas leurs dires

ou ne réfléchissent pas.

Quant à l’échec du mouvement, du fait que le soir du 7 décembre, le système est toujours en place, il s’agit de jouer sur une baisse des dépôts. C’est-à-dire que c’est la baisse du nombre de liquidité dans les banques qui causera l’effondrement du système.

Cette baisse des liquidités donnera ses effets dans quelques semaines voire quelques mois, mais pour cela, il ne faut pas que les gens remettent leur argent à la banque, et il faut qu’ils continuent à aller retirer afin de laisser un minimum d’argent sur leurs comptes.

Par exemple en Irlande, une baisse de 17% des dépôts sur 3 mois a participé à entraîner la crise que connait le pays.

Attendons quelques semaines, et nous verrons si la chute des dépôts entraînera une crise. Mais pour cela, il faut continuer à vider ses comptes en laissant le minimum possible d’argent dessus.

 

Source :Agoravox

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