Sentences et mauvaises pensées sur le monde en crise

Publié le par ledesobeissant.over-blog.com

A-6-fea61-1-.jpgCette crise ne dit pas la vérité. L’économie semble repartir mais elle laisse sur la route des millions de chômeurs. Les médias n’ont pas dit la vérité sur cette crise. Mais c’est comme pour la pandémie H1N1, les médias ne veulent pas voir. Ou bien voient ce qui est conforme à une bonne représentation du monde. Les médias sont chargés d’informer mais l’information n’étant pas neutre, il en résulte une vision du monde. Disons une manière de voir.

Les éditocrates et les médiarques sont les maniéristes du 21ème siècle.

Une manière de voir consiste à désigner des coupables, les banques. Ce n’est pas faux mais sont-elles les seules en cause ? Prenons le déficit, la faute à la crise dit Madame Lagarde, alors que la Cour des comptes impute la moitié de l’accroissement du déficit aux décisions intempestives l’Etat.

Qui croire ? Les experts sanitaires annonçaient une redoutable pandémie, ce fut une grippette. Il n’y a aucune raison de faire confiances aux déclarations des économistes et des politiques. En matière sanitaire, la ministre s’abrite derrière le principe de précaution. Pour expliquer la crise, il est commode pour les autorités d’accuser les banquiers.

Une économie éthique devrait mettre le projecteur sur l’emploi au lieu de la croissance et autres chiffres rationnels sans rapport direct avec les réalités humaines. La crise des subprimes en a caché une autre.

La première a été causée par des individus pris aux pièges du crédit et de la montée de l’immobilier.

 

La seconde concerne l’appareil productif. Le système économique était en excès d’emploi. La crise a servi au système de délestage. La raison essentielle étant la substitution des emplois industriels des pays riches vers les pays émergents et surtout la grande puissance émergée qu’est la Chine.

Au final, il y avait trop de travailleurs pour produire, si bien qu’avant la crise financière, le taux d’utilisation des capacités industrielles a commencé à décliner, passant sous longue moyenne de 82% courant 2006 pour chuter rapidement et tomber à 70% en 2009. Les aides de l’Etat n’ont rien pu faire, à part sauver quelques rares secteurs comme l’automobile, en dépensant beaucoup. La Chine a repris sa croissance. Cette crise a comme résultat un rééquilibrage du système lié au déplacement des complexes industriels et à la liquidation des produits financiers douteux dont une partie se trouve transférée, par d’obscurs mécanismes, vers les déficits publics.

Les politiques menées par les Etats sont inefficaces quand elles visent des grands systèmes. Les primes à l’automobile ont favorisé les constructeurs étrangers et les usines françaises délocalisées dans les pays à bas coût. Quant à la Grèce, elle serait attaquée par les spéculateurs mais les prêts juteux que lui proposent les banques sont proposés par des établissements financiers, européens pour une part.

La dette publique n’est pas un obstacle à l’économie. Elle ne fait que lisser le déficit de solvabilité préjudiciable à la croissance. Les faiblesses de l’investissement privé se sont déplacées vers des placements sûrs mais avec des taux à minima. Du coup, les écarts entre rentiers et travailleurs se stabilise et même s’accroît à un rythme faible mais durable.

Les lumières citoyennes n’enverront pas les zélitocrates à la Lanterne.

Trop de pénombre les en empêche.

J’ai fait un rêve, yes we can, I have a dream.

Un jour peut-être, les citoyens se réveilleront. Ils sauront comment défendre leurs aspirations à l’émancipation et trouver les voies de la liberté, pour ne plus être asservis par un système dirigé par une caste qui pratique l’instrumentation de l’humain doublée d’une ingénierie sociale qu’on s’étonne de retrouver en 2010, au vu des excès du passé et des conséquences fâcheuses pour la civilisation. Mais ne soyez pas candides ni crédules. Tout ce qui va être écrit n’est qu’un constat assez sombre sur la société, avec quelques éléments d’analyses, de compréhension, d’explication.

L’éventuelle sortie du modèle de société où nous sommes, sans violence ni chaos, n’est qu’un conte de fée, autrement dit, une utopie. Ce mot veut bien dire ce dont il est question.

Une utopie n’a pas de lieu, autrement dit elle ne peut prendre racine dans un territoire. Mais en fait, l’utopie loge bien quelque part, dans la conscience de ceux qui en sont les maîtres d’œuvre.

Le monde va. Ce pourrait aller mieux, ou pire. Cette sentence si ordinaire possède une visée heuristique évidente. Le mieux ou le pire suppose que par dans le passé, des décisions bonnes ou mauvaises auraient pu être prises. Mais comme on ne remonte pas le temps, alors le monde va, au présent. Mais où va-t-il ? Vers un mieux ou un pire ? Cette question suppose l’éventualité de décisions pouvant induire un mieux ou un pire. Cela dit, l’état comptable des pays européens laisse supposer une crise sociale de grande intensité et certainement durable car ce ne sont pas les 1 à 2 points de croissance qui permettront de résorber le déficit social actuel. Le monde ira de pire en pire si on mesure l’état de la société à la situation matérielle de ses habitants les plus démunis. Voilà, c’est dit. Brut, et même un peu brutal.

Ceux qui ont un âge avancé se souviennent d’un temps où la société était traversée par deux oppositions politiques, la gauche et la droite. La ligne de partage n’était pas si claire, mais nettement tracée par des considérations économiques. On pouvait déceler une idéologie de droite et une idéologie de gauche. En 2010, on ne voit guère de différence entre gauche et droite, pas plus qu’entre les deux candidats du second tour en 2007. Les idéologies auraient donc disparu. Détrompez-vous, elles n’ont pas disparu. A la limite, on pourrait penser qu’elles se sont amalgamées mais une chose est sure. L’action politique actuelle est guidée par une idéologie. Le problème, c’est qu’elle échappe à l’entendement de l’opinion. Quoique, l’honnête homme a parfaitement pigé que les dominants gèrent au mieux leurs affaires et après celles de la société. C’est là une idéologie qui n’a rien de nouveau. Elle ne fait pas partie d’un programme politique mais elle est inhérente à une caste au pouvoir qui a su la répandre dans les esprits. Il y a des dirigeants et des dirigés, des gouvernants et des gouvernés.

L’idéologie appliquée par les gouvernements, c’est la précarisation des plus faibles et le succès matériel pour les plus forts. Par force, on entend un ensemble de dispositions incluant des capacités professionnelles, une formation, un réseau, une santé physique, une aptitude à louvoyer dans un plan de carrière, un caractère adéquat, une naissance favorable dans un milieu où on est aidé, poussé, et parfois, un hasard heureux qui met sur la route. Par faiblesse, on entend tout le contraire.

Les partis politiques n’ont pas de marge de manœuvre. En plus, ils épousent les contours de l’idéologie dominante. Et quand bien même ils voudraient renverser l’ordre inégal des choses, ils se trouveraient face à des inerties insoupçonnables car l’appareil d’Etat est lui aussi complice de l’idéologie dominante et de plus en lien d’intérêt avec le système capitaliste. 

Conclusion.

Le débat idéologique, en admettant qu’il existe encore, n’est qu’un débat verbal, qui ne pourra en aucune manière être susceptible d’une transformation sociale volontairement orchestrée par la volonté des individus. Pour le dire autrement, la volonté générale des individus n’existe pas mais le système veut que le peuple épouse son dessein. Et comme aurait dit Ellul, le système technicien agit et se détermine à l’écart du politique.

Et donc, il n’y a pas de solution en vue. Les puissants domineront et les faibles seront asservis. Jusqu’à la fin des temps et l’holocauste final ?

A moins qu’une mutation spirituelle ne change les conditions anthropologiques nourrissant le système.

 

Source : AGORA

Publié dans Economie

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